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Congé supplémentaire de naissance : ce que les artisanes et créatrices indépendantes doivent savoir

Quand on est artisane, créatrice ou artiste indépendante, l’arrivée d’un enfant pose toujours la même question : comment s’arrêter sans que tout s’écroule ? Pas de service RH, pas de collègue pour prendre le relais, et des indemnités souvent loin de couvrir ce qu’on gagne en temps normal.

Depuis le 1er juillet 2026, un nouveau droit vient compléter les congés maternité, paternité et adoption : le congé supplémentaire de naissance (CSN). Il concerne aussi les travailleurs indépendants. Voici ce qu’il faut en retenir si vous avez une activité créative ou artisanale et que vous êtes (ou allez devenir) parent.

Le congé supplémentaire de naissance, c’est quoi ?

C’est un nouveau congé, facultatif, ouvert à chacun des deux parents à l’occasion de la naissance ou de l’adoption d’un enfant. Il s’ajoute aux congés qui existaient déjà :

  • le congé de maternité ;
  • le congé de paternité et d’accueil de l’enfant ;
  • le congé d’adoption.

Ses caractéristiques principales :

  • durée maximale de 2 mois par parent ;
  • possibilité de le fractionner en 2 périodes d’un mois ;
  • les deux parents peuvent le prendre en même temps ou l’un après l’autre ;
  • pendant ce congé, la travailleuse indépendante perçoit des indemnités journalières supplémentaires de naissance.

Ce congé a été créé par la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026. Ses modalités pour les indépendants ont été précisées par un décret du 30 mai 2026.

Qui peut en bénéficier parmi les indépendants ?

Service Public Entreprendre liste les travailleurs indépendants concernés :

  • commerçants ;
  • artisans ;
  • dirigeants de société ;
  • professionnels libéraux ;
  • praticiens et auxiliaires médicaux conventionnés ;
  • artistes auteurs ;
  • conjoints collaborateurs.

La définition de « travailleur indépendant » retenue par l’administration inclut les micro-entrepreneurs, les entrepreneurs individuels et les dirigeants de société. Autrement dit, la plupart des créatrices qui vendent leurs créations, animent des ateliers ou exercent une activité artistique sont potentiellement concernées.

3 conditions sont à réunir :

  1. être parent d’un enfant né ou adopté depuis le 1er janvier 2026 (ou dont la naissance était prévue à partir de cette date mais qui est né prématurément) ;
  2. être affiliée à la sécurité sociale depuis au moins 6 mois à la date de début du congé supplémentaire ;
  3. cesser son activité pendant le congé (ou ne pas la reprendre à la fin du congé maternité, paternité ou adoption).

Ce dernier point est essentiel pour une créatrice : le congé suppose une véritable pause de l’activité professionnelle, et la demande doit d’ailleurs être accompagnée d’une attestation de suspension temporaire de l’activité.

Quand prendre ce congé ?

Le congé peut être pris :

  • immédiatement après le congé maternité, paternité ou adoption ;
  • ou plus tard, dans les 9 mois qui suivent la naissance ou l’arrivée de l’enfant au foyer.

Pour les enfants nés au premier semestre 2026, une règle de transition s’applique :

  • enfant né entre le 1er janvier et le 30 juin 2026 : le congé peut être pris jusqu’au 31 mars 2027 (9 mois à compter du 1er juillet 2026) ;
  • enfant né depuis le 1er juillet 2026 : le congé doit être pris dans les 9 mois suivant la naissance ou l’arrivée au foyer.

Ce délai de 9 mois peut être prolongé dans certains cas, par exemple lorsque le congé maternité est allongé en raison d’une naissance multiple ou d’une hospitalisation de l’enfant.

Bon à savoir : si votre enfant est né en début d’année 2026 et que vous n’avez pas encore entendu parler de ce congé, il n’est pas trop tard. Vous avez jusqu’au 31 mars 2027 pour en bénéficier.

Combien est-on indemnisée ?

Pour les travailleurs indépendants, l’indemnisation est forfaitaire. Sa base de calcul est le montant maximum des indemnités journalières versées pendant le congé maternité, paternité ou adoption, soit 65,84 € en 2026.

Pendant le congé supplémentaire de naissance, on perçoit :

PériodeTauxMontant journalier brut (2026)
premier mois70 %46,09 €
second mois60 %39,50 €

Attention aux petits revenus. Si votre revenu d’activité annuel moyen (RAAM) des 3 dernières années est inférieur à 4 582 €, l’indemnité tombe à 6,58 € bruts par jour, identique sur les deux mois. Pour une micro-entrepreneuse, ce revenu n’est pas le chiffre d’affaires brut : il est calculé après application de l’abattement forfaitaire propre à son type d’activité. C’est un point qui mérite d’être vérifié en amont, car l’écart d’indemnisation est considérable.

Cas particulier : lorsqu’une conjointe collaboratrice est remplacée par un salarié pour les tâches qu’elle assure habituellement, elle perçoit une indemnité de remplacement pendant son congé supplémentaire de naissance.

Un effet sur la retraite, à condition de prendre les 2 mois

Dans une circulaire du 13 août 2026, la Caisse nationale d’assurance vieillesse (Cnav) précise que les périodes indemnisées au titre du congé supplémentaire de naissance permettent de valider un trimestre assimilé pour la retraite de base, à condition d’atteindre au moins 58 jours d’indemnisation, continus ou non.

Concrètement, un seul mois de congé ne suffit pas à valider un trimestre. Il faut prendre les deux mois (en une fois ou en deux périodes) pour atteindre le seuil.

Comment faire la demande ?

La demande d’indemnisation se fait en ligne, sur la plateforme demarche.numerique.gouv.fr, au plus tard la veille du début du congé.

Préparez les éléments suivants :

  • votre numéro de sécurité sociale ;
  • un extrait d’acte de naissance ;
  • les nom, prénom et date de naissance de l’enfant ;
  • votre situation professionnelle ;
  • la période de congé souhaitée ;
  • la date de votre dernier jour travaillé et une attestation de suspension temporaire de votre activité professionnelle pendant la durée du congé.

Pour toute question sur vos droits, votre caisse primaire d’assurance maladie (CPAM) reste l’interlocutrice de référence pour les prestations maternité et paternité des indépendants.

Ce que la fiche officielle ne vous dit pas : organiser concrètement la pause

Connaître ses droits, c’est la première étape. Pour une créatrice, la vraie difficulté est ailleurs : comment mettre son activité en pause 1 ou 2 mois de plus sans perdre sa clientèle, sa trésorerie ni son élan ?

Car une pause d’activité, quand on vend ses créations, soulève des questions très concrètes :

  • à quel moment placer ce congé dans les 9 mois autorisés, quand votre chiffre d’affaires dépend des marchés de Noël, de la saison des mariages ou des salons ?
  • que faire de votre boutique en ligne, de vos commandes sur mesure, de vos ateliers déjà programmés ?
  • comment prévenir votre communauté sans disparaître des radars ?
  • comment compenser la différence entre l’indemnité et votre revenu habituel ?
  • et comment savoir, avant qu’il ne soit trop tard, si votre revenu moyen passe bien le seuil des 4 582 € ?

Ces questions ne trouvent pas de réponse dans un texte de loi. Elles demandent de raisonner sur votre activité, votre calendrier et vos chiffres.

Pour aller plus loin : l’accompagnement Copilot’

C’est exactement le rôle de Copilot’, le programme d’accompagnement de Fait Main dédié aux entrepreneuses créatives. Copilot’, c’est :

  • plus de 30 heures d’audios organisés par modules (vente, marketing, gestion de l’entreprise…), à écouter au moment où vous en avez besoin ;
  • des conseils concrets tirés de plusieurs années d’expérience auprès des créatrices, et des interventions d’invitées du podcast Fait Main ;
  • des questions-réponses : vous posez votre question, la réponse est préparée par mes soins et profite à toutes ;
  • une communauté d’entraide entre créatrices, loin des discours marketing tout faits.

Parce que dans l’entrepreneuriat créatif, le plus difficile n’est pas toujours ce qu’on sait qu’on ignore, mais tout ce qu’on ne sait pas qu’on doit savoir. Le congé supplémentaire de naissance en est un bon exemple.

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En résumé

  • le congé supplémentaire de naissance est ouvert depuis le 1er juillet 2026 aux travailleurs indépendants, micro-entrepreneurs compris ;
  • il dure jusqu’à 2 mois par parent, fractionnable en 2 périodes d’un mois ;
  • il concerne les enfants nés ou adoptés depuis le 1er janvier 2026 ;
  • il faut être affiliée depuis au moins 6 mois et cesser son activité pendant le congé ;
  • l’indemnité est de 46,09 € bruts par jour le premier mois et 39,50 € le second (6,58 € si le revenu moyen est inférieur à 4 582 €) ;
  • il doit être pris dans les 9 mois suivant la naissance (jusqu’au 31 mars 2027 pour les enfants nés au premier semestre 2026) ;
  • 58 jours indemnisés permettent de valider un trimestre de retraite ;
  • la demande se fait sur demarche.numerique.gouv.fr, au plus tard la veille du congé.

Cet article s’appuie principalement sur la fiche publiée par Entreprendre Service Public (Direction de l’information légale et administrative), vérifiée le 2 septembre 2026 : Congé supplémentaire de naissance pour un travailleur indépendant. Les précisions sur la retraite proviennent de la circulaire Cnav n° 2026-28 du 13 août 2026. Les montants indiqués sont ceux de 2026 ; ils sont réévalués chaque année. Pour votre situation personnelle, rapprochez-vous de votre CPAM.

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